GUIDE PRATIQUE DE L'HYPERACTIVITE DANS L'HEXAGONE
Le traitement par le méthylphénidate est-il indispensable ?
Voilà une question que bien des parents se posent.
Sachant que le traitement a des effets positifs sur le comportement et les apprentissages, cette question revient à se demander s'il est utile de faire porter des lunettes à un myope.
Face à cette interrogation, le bon sens doit nous guider et lui seul. N'écoutons pas les professionnels, parents amis qui essaieront de nous dissuader avec un argument qui sera toujours le même : on va "droguer" notre enfant. Le méthyphénidate ne crée aucune accoutumance, cette assertion est donc une contrevérité. Mais hélas bien des media et des professionnels contribuent à la divulgation de cette fausse information....
L'autorisation de mise sur le marché est une procédure extrèmement contraignante en France. Peut-on imaginer que ce médicament aurait obtenu l'AMM s'il n'avait pas quelque utilité... Encore la France est-elle décidée très tard alors que certains pays l'utilisent depuis plus de 20 ans. Les résistances restent fortes dans une partie du milieu médical notamment chez certains psychiatres. Mais pour ma part, je n'arrive pas à trouver la moindre logique dans cette attitude quand je sais qu'ils n'ont pas la même appréhension pour prescrire les neuroleptiques.
Oui mais on sait qu'outre atlantique on la donne dès qu'un enfant est agité. Ne serait-il pas plus normal d'utiliser des méthodes éducatives adaptées. C'est en tout cas ce qu'on vous dira sauf que vous constaterez que tous les conseils ne vous sont pas d'une grande utilité et que même avec des méthodes adaptées, votre enfant est incapable d'avoir une conduite sociable correcte. L'échec des méthodes traditionnellement utilisées avec les autres enfants doit vous faire réfléchir.
On vous dira que vous êtes responsables car vous ne savez pas éduquer votre enfant : mais est-ce que les conseilleurs font mieux ? Pourquoi l'enseignant a-t-il autant de difficultés que vous, pourquoi ne tient-il pas en place non plus avec le thérapeute, l'orthophoniste etc..
Incapable de faire les acquis scolaires indispensables, il provoquera dans le meilleur des cas la fatique et la lassitude de l'enseignant, dans le pire des cas son rejet. Et inutile de se faire des illusions, vous savez bien qu'avec vous aussi c'est difficile.
Que va-t-il se passer ? Une exclusion du milieu scolaire ordinaire. Est-ce ce que vous souhaitez pour votre enfant quand on sait qu'il n'y a pas de vie professionnelle et sociale normale possible sans un minimum d'instruction. Quel avenir se prépare pour votre enfant ?
Il n'y a pas à hésiter quand on sait que le traitement peut faire changer ce pronostic. Il faut au moins essayer.
Les effets secondaires sont parfaitement connus des prescripteurs. Certains enfants n'en n'ont aucun. Pour la majorité d'entre eux la perte d'appétit est au rendez-vous. Mais généralement pour ceux qui ont quelques désagréments, ils cessent au bout d'un mois.
Car ce que l'on a tendance à oublier, c'est que tous les médicaments ou presque sont des substances toxiques. Aucun n'est anodin et la ritaline n'est certainement pas celui qui comprend le plus d'effets secondaires d'autant plus que le produit s'élimine vite. Nos chers neuroleptiques ont un effet d'accoutumance biologique que le méthylphénidate n'a pas.
Jeune notre hyperactif suivra le conseil de ses parents. Mon fils finalement s'aime bien sans traitement car il se sent lui-même. Mais il n'hésite pas à prendre le médicament quand il sait que son travail scolaire en dépend.
Certains adolescents refusent de la prendre. Bref vous l'avez compris vers 10/11ans. C'est lui et non pas vous qui décidera s'il veut ou non la prendre. Mais pour qu'il puisse faire son choix en connaissance de cause, encore faut-il qu'il en ait fait l'expérience.
En tant que parent ce qui doit nous guider, c'est son intérêt. Nous sommes tous destinés à vivre en société avec un minimum d'instruction pour nous permettre de gagner notre vie. Ce n'est pas la société qui s'adaptera aux hyperactifs mais l'inverse. Autant lui donner le maximum d'atouts pour qu'il ne se marginalise pas et ne soit pas tenté à l'adolescence par des conduites à problèmes comme la délinquance et la toxicomanie. Car à force d'être marginalisé c'est vers les populations à risque qu'il se tournera pour se faire des amis. A défaut d'instruction, c'est le chômage qui l'attend.... terribles perspectives.
Certains hyperactifs dont les troubles ne sont pas majeurs pourront sans doute se passer du traitement mais en l'état actuel des connaissances, il y a fort à parier qu'ils passeront "inaperçus" et que leur spécificité ne sera pas diagnostiquée pour ce qu'elle est.
Enfin, même si l'on est hyperactif à vie, les manifestations de ce syndrome évoluent au cours de la vie et c'est pendant l'enfance qu'ils sont le plus importants. L'hyperactivité proprement dite va diminuer avec l'âge et l'adulte n'aura rien de commun sur ce plan avec l'enfant qu'il a été. Les capacités attentionnelles vont aussi s'améliorer. La prise du traitement s'adaptera à cette évolution.
Accueil | Se documenter | info dernière | petite bibliothèque | dispositif français | orientation | difficultés associées | votre rubrique |