Guide pratique de l'hyperactivité dans l'hexagone - Petite bibiothèque - BO 41 du 18 nov 1999

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retour PAI et retour traitement médical

Le projet d'accueil individualisé

Carla conseille la mise en oeuvre de ces dispositions de préférence au contrat d'intégration qui oblige à respecter la procédure d'orientation classique (passage en CCPE et CDES). Là aussi tout dépend de ce que l'école et les parents en attendent :

Le PAI permet de mettre en place les rééducations pendant le temps scolaire. Dans cette hypothèse, l'enseignant et le directeur d'école n'ont pas toujours le réflexe de vous proposer un PAI. Beaucoup orientent les parents vers le contrat d'intégration (passage obligatoire en CCPE/CDES : voir circulaire de 83 dans la petite bibliothèque). Il ne faudra pas hésiter à insister pour obtenir un PAI. En cas de résistance, n'hésitez pas à aller voir l'inspecteur d'accadémie. Même si ce dernier est réticent, il sera obligé de s'incliner. Au primaire, les parents ont toujours la possiblité de choisir le mode de prise en charge qui leur parait le plus adapté. Ainsi plus l'enfant est jeune, plus cela peut être utile d'y recourir. Si l'enfant a notamment besoin plusieurs séances de rééducation par semaine, il ne faut pas hésiter. Les séances d'orthophonie organisées le soir à partir de 17 heures sont peu efficaces : l'enfant est fatigué et ne tire aucun profit du travail effectué.

C'est le médecin de santé scolaire qui est le pivot de ce dispositif. Il prendra obligatoirement contact avec le spécialiste qui suit votre enfant.

Le PAI est encore relativement peu appliqué : c'est pourtant la formule qui correspond le mieux à la prise en charge de l'hyperactivité. La plupart du temps, l'équipe éducative vous proposera le passage en commission consultative de l'enseignement primaire (CCPE) dont les membres ne savent généralement rien de l'hyperactivité. Il sera donc difficile de se faire entendre. Les médecins sont des psychiatres rarement ouverts aux difficultés neurologiques.

Pourquoi est-ce que je suggère d'éviter - si possible - le passage en CDES ? Ici, je vais oser dire ce que personne n'ose exprimer clairement : pour éviter à votre enfant d'être étiqueté très tôt "enfant à problèmes". Lorsque cette étiquette est posée sur un enfant, il devient difficile ensuite de la modifier et l'intégration en sera compliquée. Contrairement à ce que les discours théoriques veulent nous faire croire on ne passe pas aisément de la scolarisation adaptée à la scolarisation ordinaire. Dans le cas qui nous occupe -l'hyperactivité - l'intelligence est intacte (ce qui est d'ailleurs le cas de tous les enfants atteints d'un déficit neurologique), l'équilibre psychiatrique est bon. De la même façon que l'on n'écarte pas de l'école les enfants qui portent lunettes, rien, sauf l'ignorance et le manque d'information ne devrait écarter les thada de l'école ordinaire. J'ai pu le constater : des enseignants ouverts qui n'ont pas la moindre information au départ apprennent à gérer nos enfants pour peu qu'ils aient décidé de faire évoluer leur pratique professionnelle.

En fait, le circuit CCPE/CDES doit être employé si l'on a besoin d'une prise en charge financière (SESSAD, accueil dans un établissement spécialisé...). Du fait que les structures traditionnelles sauf exception méconnaissent les problèmes neurologiques, nombre de parents font le choix de ne pas y recourir. C'est d'autant plus dommageable qu'elles offrent des prestations très utiles comme les séances d'orthophonie, de psychothérapie et de psychomotricité. Psychothérapie et psychomotricité ne sont pas prises en charge en libéral. Une facture que tous les parents n'ont pas les moyens de payer.

Ceci étant, les prises en charge en secteur libéral peuvent se révéler très efficaces. Les parents sont considérés comme de vrais partenaires de la rééducation de leur enfant ce qui est une condition majeure de la réussite de la prise en charge. Une fois le diagnostic clairement posé, les parents sont les meilleurs garants du suivi qui va durer pendant plusieurs années. Aucun professionnel ne peut faire preuve d'un degré de vigilance comparable. Les professionnels ne restent motivés que lorsqu'ils ont affaire à des parents présents.

Le projet de loi sur l'action sociale et médico-sociale tient compte de cette évidence en inscrivant les droits des usagers dans ses principes fondamentaux (voir texte dans petite bibliothèque).

Dans certains cas, les parents se passent entièrement des services médico-sociaux. Ils assument de A à Z la prise en charge de leur enfant : visites chez le spécialiste, séances d'orthophonie, de psychothérapie et suivi étroit de la scolarité (entretiens réguliers avec l'enseignant qui permettent à chacun de s'ajuster : l'enseignant en adaptant sa pédagogie et la gestion de sa classe et le parent en soutenant cette action auprès de son enfant (relai sur le travail scolaire, rappel des règles de la classe, explication des mesures prises par l'enseignant).

Chaque parent choisira la solution la meilleure (ou la moins mauvaise !) Apprendre à connaître son enfant, chercher les techniques les plus efficaces pour ses apprentissages et son éducation, c'est son affaire avant tout. Face aux professionnels, il doit rester actif et ne jamais accepter une orientation sans y avoir mûrement réfléchi.

La prise du médicament à l'école

Les parents ne devraient en principe rencontrer aucun obstacle à la prise du médicament pendant le temps scolaire. Le plus souvent c'est l'enseignant qui le fera au vu d'une autorisation écrite remise par les parents et de la copie de l'ordonnance. La circulaire n°DGS/PS3/DAS/99/320 du 4 juin 1999 a commenté la position du conseil d'Etat en la matière : il n'y a pas exercice illégal de la médecine ou de la profession d'infirmier dès lors que la prise du médicament peut être assimilée à un acte de la vie courante et lorsqu'elle ne nécessite pas de compétence particulière. La circulaire n°92-194 du 29 juin 1992 précise également :"lorsque les parents le demandent et sur prescription du médecin", "les enseignants peuvent eux-même donner des médicaments à des enfants en cours de traitement". L'enseignant bénéficie du régime de substitution de responsabilité qui prévoit que dans l'hypothèse où la responsabilité d'un enseignant serait engagée devant les tribunaux, la responsabilité de l'Etat serait substituée à ces enseignants qui ne pourraient jamais être mis en cause devant les tribunaux civils.

Absolument rien ne peut donc s'opposer à la prise de médicaments à l'école....sauf la mauvaise volonté manifeste.

Dans certaines écoles, les formalités sont limitées à ce que les textes exigent. Mais dans d'autres le directeur ou la directrice exigeront de passer un PAI. Ce n'est pas une obligation. Mais le PAI en fomalisant les engagements de chacun permet de faire passer sans obstacle la prise du médicament. Il y a encore des enseignants qui sont réticents.

Je n'ai jamais eu besoin de tout cela pour mon fils. J'ai eu des entretiens avec le directeur et l'enseignant que j'ai tenu informés pas à pas des résultats des tests et bilans. Le médecin de santé scolaire n'a pas eu à intervenir. Mais le directeur de l'école est un ancien instituteur spécialisé ce qui explique probablement les choses. J'en profite pour dire que depuis l'arrivée de mon fils dans son école, sa volonté de l'intégrer a été déterminante. Car je sais qu'il a dû, à certains moments, faire face à des parents agressifs.

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